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Dominique Flaux

 

 
28/07/2007 @ 18:07
Les pauvres vont coûter trop cher

Les pays de l’OCDE consacrent actuellement près de 100 milliards de dollars par an à ce qu’ils appellent « l’aide au développement ». C’est tout ce qu’ils peuvent faire pour aider les pays du Sud sans se remettre eux-mêmes en cause. Pourtant, si ces pays donateurs persistent dans ce raisonnement archaïque, il leur faudra nécessairement dépenser toujours plus : protection contre l’émigration, protection contre le terrorisme, protection contre les épidémies, pression de leur opinion publique culpabilisée, arbitrage de conflits et interpositions, dégâts environnementaux, contrefaçons, etc. Les pauvres vont leur coûter de plus en plus cher. Il serait aujourd’hui plus raisonnable de les laisser s’enrichir.

17/07/2007 @ 00:07
Des risques ? Mais quels risques ?!

« L’Afrique, c’est trop risqué ! » dit-on. Pourtant les entreprises des pays développées prennent chaque jour des risques infiniment plus importants. Au delà des risques liés aux bulles financières, et sans même parler des défaillances du système telles que les affaires Eurotunnel, Baring, Sesea, Enron, Vivendi, Arthur Andersen, Crédit Lyonnais, Worldcom, Tyco, Parmalat, etc., chaque entreprise occidentale vit sous une épée de Damoclès.
Suite à des acquisitions malheureuses, France Télécom accuse un endettement de 50 milliards d’euros. Quand un éditeur lance une chaîne de journaux quotidiens gratuits comme « 20 Minutes » en espérant atteindre la rentabilité après cinq ou six ans d’exploitation déficitaire, il risque plusieurs centaines de millions sans garantie de retour car aucune étude ne peut prévoir ce que seront les médias dans dix ans, ni même dans cinq ans. Quand un constructeur automobile lance un nouveau modèle, quelle garantie peut-il donner à ses actionnaires quant à son succès commercial ?
Dans un univers aussi concurrencé, aussi saturé et aussi évolutif que celui des pays développés aujourd’hui, toutes les entreprises prennent des risques commerciaux gigantesques. Tout investissement est à la merci d’une nouvelle technologie qui va le menacer, d’un concurrent plus puissant, d’une erreur de marketing, d’un changement d’humeur du consommateur… Il est là le vrai risque ! Et il porte souvent sur des volumes considérables. D’ailleurs, ce risque est si coûteux qu’aucune société d’assurances n’a jamais songé à le couvrir.
Dans la plupart des pays en voie de développement, ce risque commercial est extrêmement réduit et toutes les autres menaces, si souvent évoquées pour justifier les refus de financement, peuvent être, soit couvertes par des assurances, comme par exemple les risques politiques ou météorologiques, soit maîtrisées à des coûts tout à fait supportables, comme les risques techniques ou sanitaires.
La perception du danger est très subjective. Il y a infiniment plus de risques à conduire sa voiture sur son trajet habituel que de contracter la grippe aviaire ou de périr dans un attentat. Chacun le sait. Les statistiques sont connues et régulièrement répétées. Pourtant, à la première alerte, on cessera de manger du poulet ou on annulera son voyage en Egypte, sans même songer un instant à limiter ses déplacements en voiture, et moins encore à modifier son comportement sur la route.
Il en va de même en économie. On accepte parfaitement qu’une nouvelle entreprise européenne sur deux disparaisse dans ses cinq premières années d’activité, mais le récit de tel ou tel aventurier qui aurait perdu ses économies en essayant d’entreprendre en Afrique glacera le sang et le porte-monnaie de tout investisseur…
Il est difficile de lutter contre cette distorsion de la réalité.

15/07/2007 @ 00:07
Bien commun
Une gouvernance mondiale est bel et bien en train de naître. Mais ce n’est ni l’ONU, ni les USA. Ce n’est pas non plus le G8 ou le G90. Ce n’est pas la société civile. Ce n’est même pas une institution politique ! C’est la finance.
La finance est le seul pouvoir totalement mondialisé, reconnu universellement, qui dispose d’une puissance considérable, sans doute la première et pour longtemps. C’est un moyen aujourd’hui accessible à une minorité, mais qui sera tôt ou tard partagé par le plus grand nombre, comme l’automobile, les télécommunications ou l’informatique. Plus que toute aide, tout discours politique ou affrontement idéologique, c’est la maîtrise de l’industrie financière et de ses applications au service du bien commun qui permettra d’éradiquer la misère et de développer les pays pauvres. C’est le pouvoir de la finance qui permettra au pragmatisme de s’imposer sur les dogmes et sur l’irrationnel.

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