Au Zimbabwe, le secteur du coton est aux mains du privé : les égreneurs et les marchands, affiliés au Cotton Ginners Association (CGA) finance la production d’environ 95% du coton graine en fournissant les semences, les engrais et les pesticides sous la forme d’un crédit, qui est remboursé par le producteur lors de la vente du coton. Le problème est que le producteur n’assure pas ses obligations en vendant son coton à des tiers. Ainsi, en août 2009 le gouvernement a introduit une nouvelle législation. Cette dernière requiert que chaque contractant (les égreneurs et les marchands) soit enregistrée, et dispose des ressources nécessaires pour financer la campagne. Le Cotton Marketing Technical Committee (CMTC) est chargé de mettre en œuvre la nouvelle législation. Le comité est responsable de l'inscription annuelle des contractants et des producteurs de coton. Les producteurs sont tenus de s'inscrire avant le 30 Octobre de chaque année, tandis que les contractants doivent s'inscrire avant le 31 août de chaque année.
Depuis l'introduction du nouveau règlement, le nombre d'entrepreneurs a été réduit de moitié passant de 25 en 2008/09 à 12 actuellement pour 2009/10. Le règlement exige que le producteur conclu un contrat avec un contactant. Le CCEM est habilité à poursuivre ou à imposer des sanctions à ceux qui ne respectent pas leurs obligations contractuelles. Cette législation impose également de bonnes pratiques culturales.
Cette nouvelle législation semble avoir porté ses fruits indique le rapport du département américain de l’Agriculture (USDA). Le début de la campagne 2009/10 a marqué un changement dans la distribution des intrants aux agriculteurs, conformément à la nouvelle réglementation. Toutes les semences de coton graine ont été collectivement entreposées et distribuées aux agriculteurs à travers 50 entrepôts communs dans tous les districts où est cultivé le coton. Les entrepôts sont gérés par le CGA. Auparavant, les contractants se chargeaient individuellement de distribuer leurs propres inputs.
La production de coton graine en 2009/10 devrait augmenter de 28 % à 265 000 tonnes contre 207 000 tonnes en 2008/09 et ce avec une superficie réduite de 8,92% à 337 000 hectares contre 370 000 ha en 2008/09. Le rendement a progressé à 0,79 t/ha contre 0,56 t/ha en 2008/09.
La diminution de la superficie ensemencée est largement expliquée par la réduction du nombre de contractants inscrits en 2009/10, indique l’USDA. Une autre explication réside aussi dans la moindre compétitivité du coton par rapport au tabac, une des principales cultures du pays.
Les exportations de coton fibre sont attendues à environ 89 000 tonnes en 2010, contre 73 888 tonnes en 2009.
A noter aussi que la production de coton OGM n'est pas encore légalisée au Zimbabwe. Toutefois, la politique du gouvernement autorise des essais non commerciaux de variétés BT sous la supervision de l’ Autorité biotechnologie du Zimbabwe. Toutes les lois et protocoles sur sécurité biologique au ministère de la Science et la technologie sont en place pour permettre l'évaluation de la technologie.
Le rapport est disponible sur le site de l’USDA